Sama Lukonde : RDC, solution climatique et écocide du M23

Sama Lukonde : RDC, solution climatique et écocide du M23

Dans une tribune publiée le 12 juillet 2026, l’auteur, journaliste spécialisé en affaires africaines, analyse l’intervention de Jean‑Michel Sama Lukonde, président du Sénat de la République démocratique du Congo, lors de la 51ᵉ session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) à Yaoundé. L’auteur estime que les propos de M. Lukonde offrent une perspective rare, où la protection du climat et la sécurité intérieure sont présentées comme indissociables.

Le 12 juillet 2026, devant un auditoire d’environ 400 parlementaires provenant de 57 pays, le sénateur congolais a articulé son discours autour de deux piliers majeurs. D’une part, il a présenté la RDC comme un « pays solution » pour le climat, insistant sur le rôle central du territoire congolais dans le maintien de l’équilibre climatique mondial. D’autre part, il a dénoncé les conséquences environnementales du conflit armé qui sévit depuis des années dans l’est du pays, en accusant le groupe rebelle M23 d’« écocide ».

L’auteur considère que cette double approche reflète une prise de conscience grandissante au sein des élites politiques africaines : la crise sécuritaire ne peut plus être dissociée des enjeux écologiques. En soulignant que la déforestation, la perte de biodiversité et les émissions de gaz à effet de serre sont aggravées par les combats armés, M. Lukonde a cherché à placer la RDC au cœur d’une stratégie globale de préservation du climat.

Le contexte de la tribune était particulièrement symbolique. La 51ᵉ session de l’APF, réunissant des représentants de la francophonie, a offert une plateforme internationale permettant à la RDC de faire entendre sa voix sur deux sujets habituellement traités séparément. L’auteur note que le choix de Yaoundé comme lieu de la rencontre n’est pas anodin, la capitale camerounaise étant elle‑même confrontée à des défis climatiques et sécuritaires similaires.

En rappelant les mots du sénateur, l’auteur souligne que la vision de Kinshasa repose sur la conviction que la richesse naturelle du pays – forêts tropicales, bassins fluviaux, biodiversité exceptionnelle – constitue un atout stratégique pour la communauté internationale. Selon M. Lukonde, la protection de ces écosystèmes doit être intégrée aux accords de paix et aux programmes de reconstruction post‑conflit, afin d’éviter que les zones de combat deviennent des sources de dégradation environnementale irréversible.

L’auteur estime que l’accusation d’écocide portée contre le M23 représente une étape importante dans la reconnaissance juridique des dommages environnementaux liés aux conflits armés. En qualifiant les actions du groupe rebelle d’écocide, le sénateur a élargi le débat au-delà des pertes humaines pour inclure les atteintes à la terre, à l’eau et à l’air, ouvrant la voie à de potentielles poursuites internationales ou à des mécanismes de réparation.

Le sénateur a également rappelé que la RDC, grâce à son vaste réseau de forêts équatoriales, joue un rôle crucial dans la séquestration du carbone. Il a argumenté que toute dégradation de ces forêts, qu’elle soit le résultat d’activités illégales d’exploitation minière ou de la destruction liée aux combats, compromet non seulement les objectifs climatiques nationaux, mais aussi les engagements globaux pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

L’auteur considère que la prise de parole de M. Lukonde, en présence d’un public multinational, vise à mobiliser un soutien politique et financier. En exposant les liens entre la sécurité et le climat, il cherche à attirer l’attention des bailleurs de fonds, des organisations non gouvernementales et des institutions multilatérales, afin d’obtenir des ressources pour des projets conjoints de désarmement, de reconstruction et de reforestation.

Le texte de la tribune, tout en restant ancré dans les faits présentés lors de la session de l’APF, invite à une réflexion plus large sur la façon dont les pays africains peuvent concilier leurs défis sécuritaires avec leurs responsabilités environnementales. L’auteur conclut que la proposition de la RDC, telle qu’exposée par le président du Sénat, pourrait servir de modèle pour d’autres nations confrontées à des conflits armés dans des zones riches en biodiversité.

En définitive, l’auteur estime que l’intervention de Jean‑Michel Sama Lukonde marque une étape décisive dans le discours politique africain, où le climat et la sécurité ne sont plus perçus comme des domaines séparés, mais comme des composantes interdépendantes d’une même dynamique de développement durable.