Révision constitutionnelle : » La CENCO n’est pas hostile à Tshisekedi, mais reste opposée au changement de la Constitution » (Mgr Donatien Nshole)
Le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a clarifié la position de l’Église catholique sur le débat relatif à une éventuelle modification de la Constitution en République démocratique du Congo. Lors d’une récente sortie médiatique, le prélat a réitéré l’opposition de la CENCO à tout changement de la Loi fondamentale susceptible d’affecter les dispositions protégées par l’article 220, tout en rappelant que l’Église n’est pas hostile à une révision constitutionnelle réalisée dans le strict respect des mécanismes prévus par la Constitution elle-même.
Au cours de son intervention, Mgr Donatien Nshole a tenu à dissiper les accusations selon lesquelles l’Église catholique nourrirait une animosité particulière à l’égard du président de la République, . « Nous portons le chef de l’État dans nos prières », a-t-il affirmé, rejetant toute lecture politique ou personnelle des prises de position de la CENCO.
S’exprimant sur le débat constitutionnel, le secrétaire général de la CENCO a insisté sur le caractère intangible des dispositions protégées par l’article 220 de la Constitution congolaise. Selon lui, ces matières constituent « un rempart contre la dictature » et garantissent la stabilité institutionnelle du pays. Il a souligné que l’Église demeure favorable à toute réforme respectant les procédures légales, mais refuse toute initiative visant à modifier les principes fondamentaux consacrés par cet article.
Répondant aux critiques évoquant le silence supposé de l’Église lors du référendum constitutionnel de 2005, Mgr Nshole a rejeté toute contradiction dans la position de la CENCO. « Vous êtes victime d’une manipulation initiée par André Mbata », a-t-il déclaré à un interlocuteur, affirmant que les évêques catholiques avaient déjà exprimé leur position dans un message publié en mars 2006. Selon lui, ce document démontre que l’Église n’a jamais été opposée à la Constitution elle-même, mais demeure vigilante quant à son respect et à sa préservation.
Le prélat s’est également prononcé sur la situation sécuritaire dans l’est du pays, marquée par la persistance de zones sous contrôle de groupes armés. Il a exprimé son inquiétude face à la consolidation progressive des structures administratives dans les territoires occupés.
« Plus le temps passe, plus l’administration des zones occupées se consolide. Si on ne fait pas attention, ça sera difficile pour le pouvoir actuel ou à venir de récupérer le territoire », a-t-il averti.
Abordant les pressions et critiques auxquelles l’Église fait face dans l’exercice de sa mission prophétique, Mgr Nshole a affirmé que la peur ne saurait dicter l’action des responsables religieux.
« L’unique chose dont j’ai le plus peur, c’est la peur elle-même. Le jour où on commencera à vivre dans la peur, c’est le début de la mort », a-t-il déclaré, rappelant que les difficultés rencontrées par les serviteurs de l’Église s’inscrivent dans la continuité du témoignage des apôtres et de l’enseignement chrétien.
Par ces déclarations, la CENCO réaffirme sa volonté de participer au débat public sur les grandes questions nationales tout en maintenant sa position de vigilance sur la gouvernance, le respect de la Constitution et la préservation de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
HERVÉ KABWATILA