La RD Congo entre dans l'ère du lithium : un pari industriel à haut risque

La RD Congo est sur le point de devenir un acteur majeur dans l'industrie du lithium, avec la mise en service de la première mine de lithium du pays à Manono, dans la province du Tanganyika.

Un projet ambitieux

Le gisement de Manono est considéré comme l'un des plus grands gisements de lithium en roche dure au monde, avec des ressources estimées à 6,47 millions de tonnes d'équivalent carbonate de lithium. Le projet vise à produire 120 000 à 130 000 tonnes par an à pleine capacité, soit près de 5 % de l'offre mondiale de lithium minier à l'horizon 2028.

Un pari à contre-courant du marché

Le projet se joue à contre-courant du marché, car le prix du spodumène, le concentré de lithium, a chuté de plus de 80 % depuis son pic de 2022. Cependant, la coentreprise formée par le chinois Zijin Mining et l'entreprise publique Cominière mise sur le long terme et sur l'intégration verticale.

Une question de souveraineté

La mise en service de la mine de lithium à Manono soulève également des questions sur la souveraineté et la dépendance du pays. Le gouvernement de la RD Congo a annoncé une nouvelle doctrine visant à transformer les minerais sur place, mais pour l'heure, le lithium de Manono partira sous sa forme la plus brute, du sulfate de lithium, exporté par la route vers Kalemie, puis vers le port tanzanien de Dar es Salaam.

Un enjeu géopolitique

Derrière la mine se joue également une partie géopolitique. En 2023, l'État a retiré son permis à l'australien AVZ Minerals, qui exploitait jusque-là le projet, pour le confier à la Cominière puis à Zijin. AVZ n'a pas désarmé et poursuit la RD Congo devant le tribunal d'arbitrage de la Banque mondiale.

En conclusion, la mise en service de la mine de lithium à Manono est un pari industriel à haut risque pour la RD Congo, mais également une opportunité pour le pays de devenir un acteur majeur dans l'industrie du lithium.