Le 22 juin dernier, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a directement accusé l’ancien président Joseph Kabila d’être l’auteur de l’assassinat de son père adoptif, Mzee Laurent-Désiré Kabila, commis en janvier 2001.

Cette déclaration choc, affirmant que « Ce n’est un secret pour personne : C’est Kabila qui a tué Laurent-Désiré Kabila », s’inscrit dans un contexte d’escalade verbale extrême entre le camp de Félix Tshisekedi et celui de Joseph Kabila autour du débat populaire sur le changement de la constitution.

Kabuya a tenté de recadrer la déclaration du Président de la République qui a récemment tenu des propos controversés assimilant l’ancien président à un « chien ». il a affirmé que l’intention était de présenter Joseph Kabila comme quelqu’un obéissant aveuglément aux injonctions du Rwanda.

En s’attaquant à un sujet aussi sensible et jamais résolu judiciairement, le pouvoir actuel cherche à délégitimer l’image de Joseph Kabila auprès de l’opinion publique alors que les tensions politiques et sécuritaires restent vives en RDC.

Cette accusation directe relance le débat sur l’un des mystères de l’histoire politique congolaise, bien qu’aucune preuve judiciaire nouvelle n’ait été formellement apportée pour étayer cette affirmation au-delà de la rhétorique politique.

Contexte et faits historiques clés

Pour mieux comprendre la portée et la controverse entourant ces propos, voici les éléments factuels établis

Le 16 janvier 2001, Mzee Laurent-Désiré Kabila a été abattu dans son bureau du Palais de Marbre à Kinshasa. L’auteur matériel des tirs, identifié par la justice comme son garde du corps Rashidi Mizele Kasereka, a été immédiatement tué au cours de sa fuite.

Un procès de grande envergure mené par la Cour d’ordre militaire en 2002 a conduit à la condamnation de 85 personnes, dont une trentaine à la peine de mort (comme le colonel Eddy Kapend) pour complot. Cependant, de nombreuses organisations internationales et observateurs ont toujours qualifié ce procès de politique et estimé que les véritables commanditaires n’avaient jamais été clairement mis au jour.

En janvier 2021, le président Félix Tshisekedi a accordé une grâce présidentielle qui a permis la libération d’Eddy Kapend et de ses co-accusés, relançant les spéculations autour du dossier.

JAMES KABWE