Tshisekedi interdit les militaires sur sites miniers en RDC

Tshisekedi interdit les militaires sur sites miniers en RDC

Le 11 juillet 2026, le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé lors du 94e Conseil des ministres une nouvelle orientation majeure pour le secteur minier artisanal. Il a décrété l’interdiction de la présence militaire illégale sur l’ensemble des sites d’exploitation minière du pays.

Cette décision a immédiatement reçu le soutien du Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE). Jean‑Paul Kapongo, directeur général du SAEMAPE, a exprimé sa satisfaction, considérant cette mesure comme une étape décisive dans le processus d’assainissement du secteur minier artisanal.

Le SAEMAPE, organisme chargé d’accompagner les petites exploitations minières et de veiller à leur conformité aux normes légales, a souligné que l’interdiction visait à réduire les pratiques illégales et à restaurer la souveraineté de l’État sur ses ressources naturelles. Selon le directeur général, la présence de forces armées sur les sites miniers avait souvent créé des tensions, entravé la transparence des activités et compromis la sécurité des mineurs.

En précisant que la mesure reflète la volonté du président de renforcer la gouvernance du secteur minier, Kapongo a rappelé que l’action s’inscrit sous la coordination du ministre chargé du portefeuille minier. Il a ajouté que cette initiative devait être accompagnée d’un suivi rigoureux afin d’assurer son application effective sur le terrain.

Le contexte de cette décision s’inscrit dans un débat plus large sur la régulation de l’exploitation minière artisanale en RDC. Depuis plusieurs années, le pays lutte contre les phénomènes de contrôle illégal de sites miniers, souvent associés à des groupes armés ou à des forces de sécurité déployées sans mandat. Ces pratiques ont alimenté des conflits locaux, perturbé les chaînes de valeur et limité les retombées économiques pour les communautés locales.

En annonçant l’interdiction, le président a donc cherché à répondre à ces enjeux en affirmant la primauté du droit civil sur les interventions militaires dans le domaine économique. L’objectif affiché est de garantir que l’exploitation des ressources minières se déroule dans le respect des lois nationales et des droits des travailleurs.

Le SAEMAPE a indiqué que la mise en œuvre de la décision nécessitera la collaboration de plusieurs acteurs : autorités locales, forces de l’ordre, représentants des communautés minières et organisations de la société civile. Le service a proposé d’organiser des séances d’information et de formation afin d’accompagner les exploitants dans la transition vers des pratiques conformes.

Cette annonce a également suscité des réactions au sein du secteur privé et des organisations internationales engagées dans le suivi de l’exploitation minière en Afrique centrale. Bien que le texte de la décision n’ait pas été publié dans son intégralité, les premiers commentaires soulignent l’importance d’un cadre de suivi transparent et d’un mécanisme de contrôle indépendant.

En définitive, le 11 juillet 2026 marque une étape symbolique dans la volonté du gouvernement congolais de réformer le secteur minier artisanal. La mesure, saluée par le SAEMAPE, représente un pas concret vers la réduction des ingérences militaires et la promotion d’une exploitation plus responsable et durable des ressources minières du pays.