Des accusations émergent contre la Force du progrès, une structure de la jeunesse de l’UDPS devenue populaire à la suite de ses présumés actes de violence, de vandalisme et de répression exercés contre les dissidents du régime actuel. Depuis l’ascension de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême en janvier 2019, ces jeunes sont indexés dans plusieurs dérives et abus de pouvoir.

Par Patient MBY

Certains la décrivent comme une milice de l’Union pour la démocratie et le progrès social. Dans certains coins de la capitale congolaise, ces individus font la loi. Une vidéo devenue virale ces derniers jours confirme cette autocratie : un jeune présumé membre de la Force du progrès a été aperçu en train d’intimider le bourgmestre de la commune de Ngaba à Kinshasa et de lui donner des injonctions. Ce dernier lui exigeait de déloger un marché public pour lui permettre d’y installer sa base.

Ce cas n’est pas isolé. Les jeunes de ce mouvement multiplient les attaques contre toutes les voix dissidentes du pouvoir actuel. Samedi 20 juin, un groupe se réclamant de la Force du progrès a assiégé l’archevêché de Kinshasa dans l’objectif d’y installer sa base. Ces jeunes ont invectivé les autorités religieuses de l’Église catholique avant que la police ne vienne les déloger. La même situation a été signalée dimanche à Mbuji-Mayi et à Kananga, où ils ont attaqué des paroisses catholiques après la déclaration de la CENCO contre le changement de la Constitution.

Répression, menaces et intimidation contre l’opposition

L’opposition congolaise est devenue la cible de cette base radicale de l’UDPS. Lors du sit-in de l’opposition tenu le vendredi 12 juin, ces jeunes se seraient coalisés avec la police pour accroître la répression contre les manifestants pacifiques. Selon le bilan, la Force du progrès aurait saccagé le siège de l’Ecidé et blessé des marcheurs, dont certains grièvement. Leur présence aux côtés de la police met en lumière la complicité et la caution de la violence par les forces de l’ordre. À Kinshasa, aucune force ne résiste devant ce mouvement.

La Force du progrès s’illustre également dans l’intimidation et les menaces de dissuasion. Une faction de cette mouvance avait interdit toute manifestation à N’Djili contre le changement de la Constitution. Selon certaines allégations, la Force du progrès disposerait de geôles où elle séquestrerait des opposants. Si celles-ci sont avérées, elles confirmeraient les accusations selon lesquelles la Force du progrès constituerait une milice de l’UDPS. Ces agissements anarchiques défient le cadre démocratique et plongent le parti présidentiel dans l’anarchie. Dans ce contexte, l’impunité devient un veto imposé par l’UDPS.

La réponse de l’UDPS est-elle suffisante ?

Face à ces actes, pour la plupart avérés, l’UDPS tente d’encourager la dérive au lieu de privilégier la démocratie. Dans plusieurs de ses sorties médiatiques, Augustin Kabuya dédouane la Force du progrès des accusations la désignant comme une milice. Selon lui, les détracteurs du président de la République auraient créé une Force du progrès parallèle pour saper l’image du régime. Cet argument ne tient pas face aux faits. Le reprendre revient à entretenir une force démocraticide et liberticide.

Au sein même de l’UDPS, ce mouvement serait utilisé par différentes factions du parti pour régler mutuellement leurs comptes, à en croire Jean-Marc Kabund, ancien président a.i. de l’UDPS.

Qui pour arrêter la déviance ?

Face aux multiples accusations, l’UDPS tente de passer à la vitesse supérieure. Les cadres de ce parti ont demandé l’accompagnement de la justice. Cependant, cette mesure semble inefficace face à une base sans maître, qui n’obéit pas à certains mots d’ordre du parti.

L’éradication de ce mouvement requiert l’implication du président de la République lui-même. L’UDPS devra d’abord prendre la courageuse décision de dissoudre la Force du progrès et de se désolidariser d’elle, avant que le chef de l’État n’émette l’autorisation d’arrêter tout jeune qui troublerait l’ordre public.

Des poursuites judiciaires sans complaisance doivent être engagées contre certains membres déviants. Cette forme de coercition diminuera la commission d’actes jugés criminels, car les agissements de la Force du progrès ne diffèrent pas de ceux des kulunas.