Le gouvernement a publié, le 22 juin, son rapport de situation sur la 17e épidémie d’Ebola, arrêté au 21 juin. Le cumul national s’établit à 1 048 cas confirmés et 267 décès, pour une létalité de 25,5 %. L’Institut national de santé publique (INSP) précise que ces chiffres ont été réactualisés après un nettoyage et une harmonisation de la base de données DHIS2, qui consolide les remontées des zones de santé, des laboratoires et des structures de prise en charge.

À la même date, 371 patients se trouvaient en isolement ou hospitalisés, et 112 personnes avaient été déclarées guéries depuis le début de la flambée, dont douze au cours des dernières vingt-quatre heures. Le taux de suivi des contacts dans les trois provinces touchées atteint 70,8 %, selon le rapport.

Déclarée le 15 mai, l’épidémie est due à la souche Bundibugyo du virus, contre laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé. La riposte repose sur la détection précoce, l’isolement des malades et le suivi des contacts.

L’Ituri demeure l’épicentre, avec des équipes déployées sur 22 zones de santé, de Bunia et Mongbwalu à Aru, Komanda ou Mambasa. Le Nord-Kivu est classé en surveillance prioritaire sur 11 zones, dont Beni, Butembo et Goma ; le gouvernement y revendique 76 000 personnes sensibilisées et 18 radios mobilisées. Le Sud-Kivu, lui, ne compte que trois cas et un décès, dans la seule zone de Miti-Murhesa, et n’enregistre plus aucune nouvelle transmission depuis le 26 mai.

Le ministre de la Santé, Roger Kamba, invite à ne pas lire la progression du nombre de cas comme un simple emballement, mais aussi comme le produit d’une recherche active plus serrée. « Quand on verra que ces barres rouges commencent à devenir stables ou commencent à baisser, en ce moment-là on vous dira : on a atteint le pic, maintenant on est peut-être dans le plateau, on est peut-être dans la décroissance. Mais le travail pour l’instant est continu », a-t-il déclaré lors d’un point presse à Bunia.

La même lecture vient de l’Organisation mondiale de la santé. « Le fait qu’on a une augmentation de cas, ça veut dire que la surveillance épidémiologique a été mise en place et elle commence à donner des résultats. On commence à détecter les cas qui sont dans la communauté », a indiqué Marie-Roseline Belizaire, directrice des urgences de l’OMS.

Sur le plan opérationnel, le rapport fait état de 100 % des alertes investiguées dans les trois provinces, de 97 % des voyageurs contrôlés aux points d’entrée et de plus de 80 000 personnes sensibilisées en une seule journée. Les autorités citent comme défis à relever le suivi des contacts, la capacité d’accueil des centres et le financement de la riposte.

La ventilation détaillée par zone de santé et l’écart avec les décomptes antérieurs figureront dans les prochains rapports de l’INSP.