La DGI scelle installations de KCC à Kolwezi dans le Lualaba

La DGI scelle installations de KCC à Kolwezi dans le Lualaba

Le jeudi 9 juillet 2026, la Direction générale des impôts (DGI) a procédé à la mise sous scellés des installations de la Kamoto Copper Company (KCC), filiale du groupe minier mondial Glencore, situées dans la zone industrielle de Kolwezi, dans la province du Lualaba, République démocratique du Congo.

Le site, qui concentre les principales installations de traitement du cuivre et du cobalt, a été entouré de véhicules de la police administrative et de techniciens de la DGI. Des agents en uniforme ont placé des scellés métalliques sur les principales entrées, bloquant ainsi tout accès aux zones de production. Les équipes de sécurité ont ensuite ordonné l’évacuation immédiate du personnel présent sur le site.

Selon les informations communiquées par la DGI, la mesure s’inscrit dans le cadre d’un contentieux fiscal opposant l’administration à la société KCC. L’administration fiscale estime que la filiale serait redevable d’environ trois milliards de dollars d’arriérés fiscaux, somme qu’elle réclame à travers la procédure de saisie.

Le groupe Glencore, par l’intermédiaire d’un porte-parole, a rejeté l’évaluation de la DGI, qualifiant les prétentions de l’administration de « complètement sans fondement ». Aucun détail supplémentaire n’a été fourni par le groupe concernant les raisons de ce désaccord.

La suspension des activités a immédiatement mis fin à la production de cuivre et de cobalt sur le site. Les stocks de concentrés déjà extraits restent immobilisés, et les chaînes d’approvisionnement liées aux exportations du Lualaba sont temporairement interrompues.

Des témoins présents sur place ont décrit une atmosphère tendue. « On a entendu les sirènes, puis les agents ont commencé à placer les scellés. Tout le monde a été invité à quitter les locaux rapidement », a déclaré un ouvrier qui a préféré rester anonyme. Les travailleurs ont été rassemblés à l’extérieur du périmètre, où des représentants de la DGI ont distribué des consignes de sécurité et expliqué les raisons de la fermeture administrative.

Le chantier de la KCC à Kolwezi, inauguré plusieurs années auparavant, représente l’une des plus importantes installations d’extraction et de traitement du cuivre et du cobalt en Afrique centrale. La mise sous scellés de ce site a des répercussions économiques notables, tant pour la communauté locale que pour les partenaires commerciaux du groupe.

En l’absence de nouvelles directives de la DGI, la société KCC n’a pas pu reprendre la production. La direction de l’entreprise a indiqué qu’elle examinerait les options juridiques disponibles pour contester la décision et réclamer le retrait des scellés.

Le contentieux fiscal qui sous-tend cette opération repose sur une évaluation de la dette fiscale de KCC. La DGI précise que le montant réclamé s’élève à environ trois milliards de dollars, chiffre qui, selon elle, correspond aux arriérés accumulés depuis plusieurs exercices fiscaux. Aucun autre détail chiffré n’a été publié dans le communiqué officiel.

Cette intervention de l’administration fiscale intervient dans un contexte où le secteur minier congolais attire de nombreux investisseurs étrangers, tout en étant soumis à des exigences fiscales de plus en plus strictes. La décision de la DGI pourrait ainsi être perçue comme un signal fort de l’État congolais en matière de recouvrement des impôts dus par les entreprises opérant dans le pays.

Les autorités locales de Kolwezi ont accueilli la décision avec prudence, rappelant l’importance du secteur minier pour l’emploi et les recettes publiques. Aucun représentant officiel de la province n’a été cité dans les déclarations publiques à ce jour.

La mise sous scellés de la KCC à Kolwezi illustre la complexité des relations entre les multinationales du secteur minier et les administrations fiscales africaines. Alors que la DGI affirme agir dans le respect du droit fiscal, le groupe Glencore continue de contester la légitimité de la dette invoquée.

Le site reste fermé, les scellés demeurent en place et la production de cuivre et de cobalt reste suspendue. La suite du contentieux dépendra des décisions judiciaires ou administratives qui pourraient être rendues dans les semaines à venir.

Installation de KCC à Kolwezi