Déclaration de la CENCO : Alain Atundu dénonce une position « asymétrique » sur la crise congolaise
Dans une déclaration publiée par le journal «La PROSPÉRITÉ» dans la matinée de ce 23 juin, Atundu affirme que la position des évêques catholiques ne constitue ni une surprise ni une nouvelle orientation. Selon lui, la déclaration reprend des préoccupations déjà exprimées par les responsables religieux, notamment sur la révision constitutionnelle et la situation sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola.
L’ancien porte-parole de la Majorité présidentielle de Joseph Kabila estime toutefois que le document de la CENCO comporte plusieurs omissions importantes. Il cite notamment les références à l’article 64 de la Constitution, dont l’interprétation et l’usage dans le débat politique suscitent des controverses. À ses yeux, cette disposition constitutionnelle vise avant tout à empêcher toute prise du pouvoir par la force et ne devrait pas servir de fondement à des appels à la démission du président de la République.
André-Alain Atundu souligne également que le contexte sécuritaire marqué par la guerre dans l’Est du pays impose, selon lui, de privilégier l’unité nationale autour de la défense de l’intégrité territoriale. Il considère que la contribution de la CENCO au débat public est légitime, tout en rappelant que ses prises de position sur les questions politiques relèvent d’opinions et non d’une autorité doctrinale ou religieuse.
L’ancien diplomate appelle par ailleurs les évêques à favoriser davantage le dialogue avec les institutions de la République afin d’éviter une polarisation accrue autour du débat sur une éventuelle révision de la Constitution. Il estime qu’une confrontation entre partisans et opposants à ce projet pourrait fragiliser davantage le climat politique national.
Dans son analyse, Atundu reproche également à la CENCO de ne pas avoir suffisamment évoqué les responsabilités de certains acteurs de l’opposition ainsi que celles des groupes armés soutenus, selon lui, par le Rwanda. Cette absence de référence, affirme-t-il, donne l’impression d’une position déséquilibrée dans l’appréciation de la crise congolaise.
Pour l’ancien ambassadeur, la priorité du moment doit rester la préservation de l’État, la défense de la souveraineté nationale et le renforcement des institutions démocratiques. Il appelle ainsi les forces politiques et sociales à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation face aux défis sécuritaires et politiques auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
Christian Okende