CES-UDPS : l’ambassadeur, professeur Daniel Makiese Mwana Wa Nzambi, présente les priorités stratégiques dans le partenariat USA–RDC
Kinshasa a vécu, ce lundi 22 juin, un moment de haute réflexion politique et géostratégique à l’occasion de la 3ᵉ Grande Conférence du Corps de l’Élite Scientifique de l’UDPS (CES-UDPS), organisée à l’Hilton Hôtel. Lancées la veille par le président a.i. et secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, ces assises réunissent chercheurs, experts et décideurs autour des grands défis de la République démocratique du Congo. Parmi les interventions les plus attendues figurait celle de l’ambassadeur et professeur Daniel Makiese Mwana Wa Nzambi, secrétaire général à l’Intégration régionale.
Intervenant sur le thème « Partenariat stratégique USA-RDC », le chevronné diplomate congolais a d’abord salué l’initiative du CES-UDPS avant de replonger l’assistance dans les grandes pages de l’histoire des relations internationales de la RDC. De l’intérêt suscité autrefois par le bassin du Congo auprès des explorateurs européens, du roi Léopold II et des participants à la Conférence de Berlin présidée par Otto von Bismarck, jusqu’aux accords modernes de coopération, Daniel Makiese a rappelé que la position géographique, les ressources naturelles et le poids stratégique de la RDC ont toujours placé le pays au cœur des convoitises et des partenariats internationaux.

Dans une analyse riche et documentée, l’orateur a retracé l’évolution des partenariats conclus par la RDC, depuis les accords de Yaoundé et de Cotonou, en passant par les Accords de partenariat économique (APE), les relations privilégiées avec les États-Unis durant la guerre froide, la période d’isolement diplomatique qui a suivi, puis l’ouverture vers la Chine. À travers cette rétrospective, il a mis en lumière plusieurs leçons à tirer des expériences passées, notamment l’influence des priorités européennes dans les accords UE-ACP, les insuffisances de la délocalisation économique et industrielle dans les relations avec Washington, ainsi que les défis de gouvernance ayant marqué le partenariat sino-congolais entre 2008 et 2018.
Abordant le partenariat stratégique conclu entre la RDC et les États-Unis en 2025, le professeur Daniel Makiese a souligné qu’il intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays et la multiplication des groupes armés. Selon lui, les accords de Washington traduisent une convergence d’intérêts stratégiques entre deux États confrontés à des défis majeurs. Toutefois, a-t-il prévenu, la RDC doit éviter les erreurs du passé en assurant une meilleure maîtrise de ses engagements et en veillant à ce que les bénéfices de cette coopération soient durables et profitables aux générations futures.
Pour transformer cette opportunité en véritable levier de développement, l’ambassadeur a plaidé pour une vision prospective à l’horizon 2060, soutenue par une stratégie opérationnelle à l’horizon 2030 et une gouvernance rigoureuse dès 2026. « La RDC demeure au centre des sollicitations stratégiques dans le monde », a-t-il rappelé en substance, invitant les décideurs congolais à faire preuve d’anticipation, de lucidité et de leadership. Un message fort qui résonne comme un appel à bâtir des partenariats équilibrés, capables de transformer l’immense potentiel congolais en prospérité durable.
Guy Yuma G-Y/LePotentiel